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Pouvoir Des Mots Dissertation Abstracts

La langue française occupe une place importante dans la formation des jeunes du Québec. Afin qu’ils puissent prendre conscience de la dimension sociale de cette langue et du pouvoir qu’elle exerce sur tous, le Ministère souhaite offrir aux jeunes une tribune où seront publiées des lettres ouvertes rédigées à l’occasion de l’épreuve unique de français, langue d’enseignement, de fin d’études secondaires.

En mai 2017, dans le cadre de cette épreuve, quelque 54 200 élèves du Québec ont rédigé une lettre ouverte d’environ 500 mots dans laquelle ils répondaient à la question suivante :

« Se vêtir de façon responsable : est-ce possible? »

Le recueil Pouvoir des mots offre ainsi à son lectorat quelques-uns des meilleurs textes sélectionnés par les membres d’un jury soucieux de faire connaître les idées, les valeurs et les croyances des jeunes du Québec, et de promouvoir la langue française en tant qu’outil de pensée, d’identité et de liberté.

Introduction : Un mot peut blesser, un autre peut réconcilier. Des guerres sont nées d'une injure étourdiment lancée. A priori, l’idée d’un pouvoir des mots est étonnante, parce que les mots ne sont que des signes, contrairement aux actes ou à la force qui ont une influence directe sur le monde. Pourtant, ces instrument symbolique, ont une grande influence au sein de la société humaine,justement parce que celle-ci fonctionne en grande partie sur le mode symbolique. Un mot est un son, un groupe de sons ou de lettres formant une unité de sens, et ces mots sont employés dans le langage qui est une faculté propre a l'homme qui lui permet de communiquer et le pouvoir est le fait d'avoir la faculté, le droit, le moyen de faire quelque chose. Il est assez évident que le langage permetd’influencer autrui ou de marquer sa supériorité ou son autorité. Mais ces capacités ne s'arrêtent pas là car elle nous permet aussi par exemple de nous exprimer. Donc il serai intéressant de voir si les mots possèdent un réel pouvoir. Pour cela on va se poser la question suivante: Existerait-il un pouvoir des mots? Pour y répondre nous verrons dans un premier temps que les mots sont des outilsd'expression et de communication, ensuite nous verrons dans un second temps...

I) Les mots : outils d'expression des pensées
Les fonctions premières du langage qui sont de communiquer ainsi que de s'exprimer, permettent aux individus, à l'homme d'échanger, d'exprimer des sentiments et des pensées. Les mots échangés représentent une confiance entre celui qui s'exprime et celui qui reçoit.
En effet,celui qui parle exprime ses pensées et celui qui écoute accorde de l'importance à ces mots.
Accorder de l'importance à des mots, c'est accorder de l'importance à des concepts, c'est-à-dire à un langage abstrait qui envisage donc plusieurs interprétations: si l'on accorde de l'importance aux mots, on a confiance en leur signification ainsi qu'à leur désignation. Le langage est sans doute unatout, ne serait-ce que du fait qu’il permet d’exprimer et de communiquer nos pensées. C’est là son avantage le plus fondamental. De plus, seul le langage permet des idées générales comme le dit Rousseau. De la même manière, Hegel critique l’intuition et l’ineffable au profit de la pensée conceptuelle claire qui s’exprime dans le langage. L’intuition, est une « nuit où toutes les vaches sont noires »; nous avons de véritables pensées que lorsque nous les exprimons par le langage ; il n’y a pas de pensée antéprédicative.

La pensée est un dialogue intérieur de l’âme avec elle-même d'après Platon dans « Sophiste ». Merleau-Ponty quant à lui il soutient le fait que la pensée et langage sont indissociables. On pourrait croire parfois qu'on pense « d’un seul coup », sans mots. Mais c’est uneillusion, dit Merleau-Ponty dans « Phénoménologie de la perception ». De plus, notre appareil conceptuel est étroitement lié à la langue et aux mots. En effet c’est la langue qui nous fournit nos concepts, représentés par des mots : « cheval », « rouge », « ville », « plaisir », etc. Ferdinand de Saussure, le fondateur de la linguistique moderne, montre que la langue découpe simultanément dans lamasse amorphe des sons et dans la masse amorphe des idées confuses pour créer un signe. Par exemple, le signe bleu, qui consiste en une image acoustique associée à une représentation mentale, est produit par un double découpage : d’une part, le son /bleu/ est isolé des sons voisins, comme /pleut/, qui prennent un autre sens ; d’autre part, la couleur bleue est distinguée du vert d’un côté, du jaunede l’autre. L’idée de Saussure est que les idées (ou concepts), pas plus que les sons (ou phonèmes), ne préexistent à la langue. La langue est comme une feuille de papier dont la pensée est le recto, le son est le verso. Donc est-il possible de penser sans les mots?

Les mots permettent de lier, d’unifier notre vie intérieure. La pensée n’existe qu’à partir du moment où elle s’exprime. Cette...